
On peut danser le makossa sans comprendre un mot des paroles. Mais ceux qui parlent duala le savent : une bonne chanson makossa se vit aussi par la langue. C’est elle qui donne au genre ses images, son humour et sa tendresse.
Le duala est la langue du peuple sawa, installé autour de l’estuaire du Wouri, là où est née la ville de Douala. Comme le makossa est né dans cette ville, il s’est naturellement chanté dans cette langue. Pendant des décennies, le duala a été la voix principale du genre, même pour des artistes venus d’autres régions du Cameroun.
Le duala aime les proverbes, les détours et les sous-entendus. Dans le makossa, on parle d’amour, de famille, d’argent, de la vie en ville ou de la nostalgie du pays, souvent par images plutôt que frontalement. Une même phrase peut faire sourire les uns et émouvoir les autres. C’est ce qui donne aux grands titres du genre cette impression de conversation entre le chanteur et son public.
Le makossa n’a jamais été fermé. Au fil des années, on l’a entendu en français, en anglais, en pidgin camerounais, et parfois dans plusieurs langues au sein d’une même chanson. Cette ouverture lui a permis de voyager, des cabarets de Douala aux pistes de danse de Paris, Bruxelles, Montréal ou Atlanta, sans perdre son âme.
Pour beaucoup de familles de la diaspora, le makossa est aussi un moyen de garder un lien avec la langue. Des enfants nés loin du Cameroun apprennent leurs premiers mots de duala en chantant un refrain avec leurs parents. Chaque chanson devient alors un petit morceau de patrimoine que l’on se passe de génération en génération.
Le répertoire d’Emile Kangue fait partie de ce patrimoine vivant. Retrouvez ses titres sur la page Musique, ou écoutez-le sur Spotify, Apple Music et Deezer.
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